Le fils du chah d'Iran, le prince héritier en exil Reza Pahlavi (d), reçoit le Prix de la liberté 2026 de la Fondation Friedrich Naumann, le 7 novembre 2026 à Francfort, dans l'ouest de l'Allemagne ( AFP / Hannes P. Albert )
Le fils du chah déchu, Reza Pahlavi, a reçu samedi un prix pour la liberté à Francfort, lors d'une cérémonie controversée, les détracteurs de cette figure de l'opposition en exil le jugeant illégitime pour cette récompense destinée au peuple iranien.
Des milliers de partisans de Reza Pahlavi lui ont néanmoins manifesté leur soutien dans les rues de Francfort, pendant qu'il recevait ce prix honorifique de la part de la fondation Friedrich Naumann, proche des libéraux allemands.
Ils étaient "environ 18.000", a indiqué la police allemande à l'AFP. Ils ont agité, selon un reporter sur place, des drapeaux à bandes horizontales verte, blanche et rouge avec un lion et un soleil, bannière de l'Iran impérial remplacée après la révolution islamique de 1979, et des drapeaux israéliens.
"Reza Pahlavi, vous l’avez souligné à maintes reprises : c’est au peuple iranien lui-même qu’il appartient de décider de son avenir. À personne d’autre. Nous vous prenons au mot. Vous conserverez ce prix jusqu’à ce que vous puissiez le remettre à des représentants librement élus du peuple iranien", a déclaré le président du directoire de la fondation Friedrich Naumann, Steffen Saebisch.
Le fils du chah d'Iran, le prince héritier en exil Reza Pahlavi (d), reçoit le Prix de la liberté 2026 de la Fondation Friedrich Naumann, le 7 novembre 2026 à Francfort, dans l'ouest de l'Allemagne ( AFP / Hannes P. Albert )
Reza Pahlavi a promis de "ne conserver ce prix qu'à titre provisoire, en tant que dépositaire". "Un jour – et je crois que ce jour est plus proche que ne veut bien l'admettre le régime clérical moribond –, je le remettrai entre les mains de ses propriétaires légitimes, le peuple iranien. Et ce, non pas sur une terre étrangère, mais dans notre capitale, Téhéran", a-t-il ajouté, acclamé par quelques partisans présents à la cérémonie, dans l'ancien temple protestant Saint-Paul de Francfort.
Or, parmi l'opposition iranienne en exil, cet héritier du trône du chah d'Iran, en exil aux Etats-Unis depuis la révolution de 1979 qui a renversé son père, est loin de faire l'unanimité.
Dans un courriel transmis à l'AFP, Shahin Gobadi, porte-parole du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), vitrine politique de l'Organisation des Moudjahidine du peuple d'Iran (OMPI ou MEK), considérée comme "terroriste" par Téhéran, a souligné que le choix de Reza Pahlavi "a suscité de vives objections de la part de nombreux Iraniens et d'autres personnes qui s'interrogent sur la base sur laquelle une figure non élue et politiquement contestée peut se voir attribuer un rôle représentatif aussi symbolique".
Des partisans du fils du chah d'Iran déchu, le prince héritier en exil Reza Pahlavi, rassemblés à Francfort, le 7 novembre 2026 dans l'ouest de l'Allemagne ( AFP / Hannes P. Albert )
"C'est un scandale et une insulte au peuple iranien ainsi qu'à toutes les personnes qui luttent pour la liberté en Iran", a déclaré à l'AFP Sahar Sanaie, porte-parole de l'Association des Allemands d'origine iranienne de Hesse (région où se trouve Francfort).
Côté allemand, le choix de Reza Pahlavi a aussi fait grincer des dents: les sociaux démocrates de Francfort ont boycotté l'événement, arguant qu'il n'était pas un représentant légitime du peuple iranien.

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